Les carnets de voyage de Nicolas Jolivot

Guyane

  • Je rentre de mon tour de France sans le sou. Heureusement, je trouve un peu de travail de graphiste dans ma ville natale. Avec le pécule amassé pendant un an, je m’achète un billet d’avion et pars en Guyane en 1993 rejoindre un ancien camarade de pension pour l’aider à construire son carbet dans la forêt. Je suis incorrigible, inconscient par moment, sans un rond, pas inscrit à la Sécurité sociale…. Privilège de la jeunesse ?

    Je gagne un peu d’argent en dessinant des étiquettes pour des sacs de riz, assis dans la forêt, anime des ateliers peinture pour la section psychiatrique de l’hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni. Mon carnet de voyage est indispensable pour tenir bon. Je trouve des flacons d’encres de couleur dans une seule boutique, à Cayenne. Je dessine encore à la plume.

    Pendant ces six mois passés outre-mer, je rencontre une famille de réfugiés du Suriname.
    Je retourne en Guyane en 2001, puis en 2011 pour voir comment cette famille s’en sort dans la vie…
    En début d’année 2018, je suis invité en résidence d’artiste dans le camp de la Transportation rénové, là même où j’essayais de vendre autrefois des dessins du camp fraîchement débroussaillé aux quelques touristes de passage. Mes conditions de séjour sont plus faciles maintenant… Privilège de l’âge !

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